Un récent documentaire d’Investigation, diffusé sur la RTBF, lève le voile sur les difficultés rencontrées par les travailleurs belges pour faire reconnaître leurs maladies professionnelles. Entre critères d’octroi qui se resserrent, pathologies rayées de la liste officielle et poids des considérations financières, l’enquête met en lumière un système complexe où six demandes sur dix sont rejetées.
Un parcours du combattant
Pour de nombreux travailleurs, obtenir la reconnaissance de leur maladie professionnelle s’apparente à un véritable chemin de croix, nécessitant parfois de passer par la case justice. L’enquête révèle que les critères d’octroi sont de plus en plus stricts, certaines pathologies disparaissant purement et simplement de la liste des maladies professionnelles.
Le poids des considérations financières
Si les autorités publiques justifient ces changements par l’évolution de la science et du monde du travail, certains observateurs pointent du doigt des raisons financières. L’enquête d’Investigation met la main sur des documents confidentiels qui montrent que l’impact financier s’invite parfois à la table des discussions du Conseil scientifique de Fedris, l’agence fédérale des risques professionnels.
Fedris : un rôle ambigu ?
En Belgique, Fedris a la charge de la reconnaissance des maladies professionnelles. Cet organe est composé paritairement de représentants des travailleurs (syndicats) et de représentants des patrons. Or, ce sont les cotisations patronales qui financent entièrement le budget de Fedris. Dès lors, c’est cet organe public financé par les patrons qui doit décider si oui ou non votre maladie est d’origine professionnelle. Une situation qui soulève des questions quant à l’impartialité du système.
Un manque de transparence
L’avocate et chercheuse à l’ULB, Sophie Remouchamps, dénonce le manque de clarté de la liste officielle des maladies professionnelles. Pour la moitié des codes, aucun nom de maladie n’y est rattaché, mais seulement la cause des maladies ou le nom d’un agent chimique. Selon elle, ce manque de transparence rend impossible pour les travailleurs de comprendre qu’ils ont potentiellement une maladie professionnelle et qu’ils ont intérêt à demander réparation.
L’arthrose de l’épaule : un cas emblématique
L’enquête prend l’exemple de Rin, chaudronnier-soudeur pendant plus de 40 ans, souffrant d’arthrose à l’épaule. Après avoir perçu une indemnité pendant près de 20 ans, Fedris a soudainement changé d’avis et arrêté les paiements. L’agence fédérale se base sur des études scientifiques qui établissent qu’il peut y avoir une arthrose professionnelle pour le coude et pour le poignet, mais pas pour l’épaule. Une décision contestée par la cour du travail de Liège qui, en mai 2024, a rendu un arrêt contestant la vision de Fedris, affirmant que les vibrations mécaniques et le travail en force provoquent bien l’arthrose de l’épaule.
Prodemos à vos côtés
Face à ces difficultés, Prodemos, basé à Liège, se positionne comme un allié pour les travailleurs belges confrontés aux maladies professionnelles. L’organisation offre un accompagnement personnalisé et pluridisciplinaire, regroupant médecins, juristes et ingénieurs, pour simplifier les démarches administratives et maximiser les chances d’obtenir une reconnaissance juste et équitable. Vous ouvez facilement prendre contact avec nos équipes via notre formulaire de contact.





